Gregor Podgorski : Cadavres Exquis



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Cadavres Exquis

Exposition CADAVRES EXQUIS
Du 3 au 25 septembre 2012 à la Maison du citoyen
16, rue du Révérend-Père-Lucien-Aubry
94120 Fontenay-sous-Bois
Tél. : 01 49 74 76 90
Du lundi au vendredi de 9 h à 21 h
Samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h

Le vernissage : Mardi 11 septembre à 18 h 30
La soirée de clôture : Mardi 25 septembre à 18 h 30

«Cadavres exquis », est le troisième volet de la démarche artistique et humaniste que j’ai engagée en 1999 avec « La Pietà » et ses mille modèles. Il y a dix ans ils étaient venus à deux pour raconter une histoire, une facette de leur vie. Nous avons réalisé quarante mille prises de vues pour en choisir cinq cents. Quelques années après ils sont revenus à trois, quatre, cinq, parfois à deux mais souvent seuls, sans scénario, accessoires ou artifices, parce que cette fois-ci, c’était leur propre histoire qu’ils étaient venus raconter au travers de 220 histoires en images. L’exposition « C’est la vie » s’avérait être un véritable reflet des évolutions de notre société et de ses mœurs, un témoignage du temps qui passe.

Dans l’ensemble de mon approche artistique, j’explore la diversité des parcours humains et leur intégration dans le monde contemporain, je réalise le portrait d’une époque et de ses acteurs. Souvent, des témoignages écrits accompagnent les photographies, exprimant des visions, des trajets, où chacun parle de son sentiment de la vie.
Le travail présenté aujourd’hui touche à la plus ancienne et la plus populaire obsession de l’humanité : le paraître ! Être ou paraître - une vieille opposition… L’être disparaît, mais que devient le paraître ? Que devient notre photo ? Que devient l’image de nous, dans cette société refusant le vieillissement ?

A l’ère du tout numérique, « Cadavres exquis » est une démarche purement argentique. Réalisée sans aucune retouche ni bidouillage numérique, elle se positionne à contre courant. Tout comme essayer de résister à l’autocratie de la mode. Cette tyrannie de la mode qui nous éloigne de l’essentiel. Cette dictature du paraître qui nous fait oublier qui nous sommes, pour nous réduire à « De quoi ai-je l’air ? ».

Ici, le temps est passé et s’inscrit visiblement et définitivement sur les clichés réalisés il y a dix ans. Il a effacé beaucoup, presque tout. Sur ces quarante mille Ektachromes, à peine deux cents petits morceaux de cadavres photographiques nous livrent aujourd’hui leurs compositions abstraites et féeriques. Les autres sont définitivement réduits à néant. Comme dans un jeu surréaliste, jour après jour, la pluie, le vent et le soleil ont déformé les films, dessiné des formes, ajouté des matières, nuancé les tons, imposé des cassures…

Sur ces portraits surréalistes, la nature nous offre, des couleurs irréelles, des visuels parfois décoratifs et quelques fois très expressifs et angoissants. Pourtant aucune révélation sur les profondeurs des âmes. « Les instantanés » ont expérimenté ici une accélération de la détérioration inéluctable du temps, avec juste des réactions chimiques naturelles. Les éléments ont accompli leurs devoirs. Le pourrissement des images, la destruction des icônes, ont suivi. La nature, serait-elle iconoclaste ?
La beauté et la richesse du temps écoulé se traduisent ici par une dentelle de détails, déclinée dans une palette de couleurs riches à l’infini, de formes et compositions abstraites, avec des matières et textures minérales, végétales, surprenantes… Exquis.

©Gregor Podgorski ::: @contact