Gregor Podgorski : C'est la vie

Véronique-le texte

Résurrection, acte I.

Un seul corps occupe seul tout le cliché. FabienneÇa pourrait être comme si l’objectif n’avait pas réussi à saisir le deuxième corps. Car ce corps n’aurait pas dû être seul sur le cliché, et le ventre, le ventre non plus n’aurait pas dû être plat comme ça. Et pourtant voilà, le cliché ne ment pas, le photographe n’a pas gommé, du moins pas au point d’en effacer autant. Car s’il y avait eu un deuxième corps, il n’y aurait certainement jamais eu ce deuxième cliché. Le deuxième corps n’existe plus, ce corps qui gisait précédemment entre mes bras ouverts. Et c’est déjà une autre histoire. S’approprier à nouveau son corps, en l’exposant aux autres, et d’abord à l’objectif. Cet objectif qui a été le témoin privilégié du temps d’avant. Le corps est encore absent, transparent à sa base, il ne m’appartient pas encore tout à fait. Et pourtant, et pourtant, par un effet du flash ou par la grâce de l’objectif, un scintillement est déjà visible dans les prunelles.

Résurrection, l’acte II peut commencer.

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